Tel un peintre, un artiste de spectacle vivant doit jeter beaucoup, faire et refaire avant que quelque chose d’intéressant n’apparaisse. Mais son outil c’est la scène.

Je pense souvent que nous sommes comme des peintres qui n'auraient accès à leur matériel qu’un mois avant le vernissage. La recherche s’impose à moi aujourd’hui car depuis que la compagnie existe j’ai (presque) toujours créé à partir de la rencontre et j’ai toujours le désir de parler de ceux dont on parle peu sur les plateaux de théâtre, dont voit peu les danses dans leur poésie simple du quotidien.

Je n’imaginais pas parler de ces gens sans prendre le temps nécessaire, accepter la durée indispensable de la rencontre.

J’ai réalisé récemment que je n’avais jamais pensé créer à partir d’une autre rencontre, celle que je commence à avoir eu le temps de faire : la mienne...

Si cela arrive seulement aujourd’hui c’est sans doute parce que je suis enrichie de toutes ces femmes, de tous ces hommes, de toutes leurs danses et leurs histoires.

Il y a aussi une démarche plastique qui s’est imposée au fil du temps et qui m’incite à expérimenter un autre processus de création.

J’ai un intérêt croissant pour les arts plastiques, les installations, les performances, l’art vidéo. En discutant avec la plasticienne Catherine Aznar avec qui je démarre justement une expérimentation je réalise qu’un plasticien part de la matière, pas d’un sujet, c’est du travail de la matière que nait le sens…